Publié en 2018, Maliarka porte le sous-titre « roman musical ». Chaque chapitre est désigné par un mouvement musical et en mime le rythme.
Par son allure, sa voix et même ses silences méditatifs, Clément représentait pour Maliarka l'incarnation du trio pour piano, violon et violoncelle de Schubert : un morceau en miroir, une dialectique magistralement Clémentienne, des accords au piano sur lesquels glissent les notes du violoncelle, puis la ligne mélodique reprise à son tour par le piano, les mouvements lyriques, exaltés, qui s'éteignent doucement, le son vaguement plaintif du violoncelle auquel répond la douceur du violon, l'impression de mystère créée par les staccatos et, derrière une apparente froideur, quelque chose de profond, d'infini. C'était cela, Clément : l'incarnation de l'œuvre d'un musicien rongé par la maladie, talonné par la mort et qui sublime sa détresse en composant une musique intemporelle.
Dès les premiers regards, Maliarka avait perçu cette musique expressive, à la fois douloureuse et suave. Elle l'avait entendue du fond de son âme aussi clairement que d'autres auraient repéré ses yeux bleus ou les fossettes encadrant son sourire.
Maliarka — chapitre 2, « Amoroso »
Édilivre, 2018